LE CHOCOLAT AMER

Le documentaire au titre  CACAO, les enfants piégés



Un produit qui nous fait rêver de plaisir.

Je crois qu’il n’y a pas de produit qui inspire autant la douceur, la volupté et l’enveloppement que le chocolat. Quand on pense chocolat on imagine  un gros moulage chaud, dense et plein de plissements, telle une nappe,  qui s’étale sur une assiette ou un dessert. Le chocolat exprime en lui-même ce sentiment de satisfaction typique d’une ambiance qui transmet sécurité, protection, certains vont même jusqu’à comparer sa consommation  à ce que nous avons vécu dans l’utérus. C’est un produit aux propriétés nutritionnelles et bénéfiques extraordinaires. Il favorise le … STOOOOP, FIN DE L’ENTRACTE!Nous pourrions ainsi boucler ce qui a été écrit jusque là. Il n’y a rien à recracher de ce qui est dit, remarquez! Le chocolat est et reste un produit naturel, extraordinaire, cultivé principalement dans les pays pauvres pour lesquels il constitue un levier extraordinaire de développement économique et social. Mais malheureusement, il y a un MAIS. Peu de gens ont eu le courage de révéler ce qui se cache, dans certaines régions du monde, derrière une partie de l’industrie du chocolat. Ceux d’Envoyé Spécial sont allés encore une fois jusqu’au bout de la marge, et nous offrent ainsi un regard bouleversant sur ce monde fascinant et parfumé, à l’apparence. Je vais essayer de faire une synthèse, et vous me pardonnerez certaines inexactitudes, de ce qui est raconté en y ajoutant mes réflexions personnelles.

UNE CHAÎNE DE LA VALEUR ENTIÈREMENT CONCENTRÉE  AU NORD DU MONDE.

Sans pointer du doigt sur l’ensemble de l’industrie du chocolat, on peut dire que la partie (c’est le paradigme de la distribution valable dans pratiquement tous les secteurs de l’agroalimentaire) de la chaîne d’approvisionnement ayant la plus faible valeur ajoutée, c’est-à-dire la récolte, est aussi la plus vulnérable et la moins contrôlée du point de vue de la sécurité au travail et du respect des droits fondamentaux des travailleurs.

La récolte a lieu dans des pays très pauvres, où l’agriculture représente souvent 65/80% du PIB. Il est également compréhensible que pour une industrie comme le cacao qui, dans certains de ces pays, représente un pourcentage très élevé du PIB et des revenus, on préfère, pour ainsi dire, détourner les yeux  des conditions de travail misérables.

Personne n’a envie de mettre les mains dans un guêpier qui risquerait tout simplement de mettre sous la loupe des enquêtes l’une des rares voix à l’actif  pour bon nombre de pays producteurs.

Du cacao (le produit brut) au chocolat, la valeur ajoutée et les revenus augmentent considérablement le long de chaîne, jusqu’au produit final. Là-bas, au contraire, le produit brut (les fèves de cacao) et le travail engendré pour l’extraire sont pratiquement sans valeur. Les récolteurs et les travailleurs de l’industrie de séchage et d’emballage  de la matière première, par ignorance de leurs droits ou par pure nécessité, finissent par défendre à n’importe quel prix, le seul emploi qui les sauve de la misère. Et comment leur en vouloir.

LA FÂCHEUSE HISTOIRE DES ENFANTS QUI TRAVAILLENT DANS LES EXPLOITATIONS.

En Côte d’Ivoire, la culture du cacao est confiée à des centaines de milliers de petits exploitants qui n’ont aucun poids contractuel vis-à-vis des holdings d’import-export de la matière première et des multinationales du chocolat qui se bousculent dans les étalages de nos supermarchés.

On dirait que tout a été étudié en détail pour éviter l’équilibre contractuel et économique entre les acteurs économiques, En haut de l’échelle tous craignent de voir éroder leur bénéfices. En plus, les exploitants sont en concurrence sauvage les uns envers les autres. Inutile de dire que ce manque d’alliance économique et d’organisation syndicale de la partie plus faible, profite toujours aux acteurs économiques qui se trouvent à l’opposé de la chaîne de la valeur. Ces derniers ne ferons jamais rien pour changer les choses, si de l’autre coté il n’y a pas une prise de conscience.

La première conséquence de tout cela, est le marché du travail clandestin fondé sur le travail des enfants, dont certains  ne dépasseraient pas les 12/ 15 ans. Bien sure, pas toutes les entreprises qui commercialisent du chocolat sont directement responsables de cette situation. Certains n’ont pratiquement aucune relation avec les producteurs directs, mais uniquement avec les exportateurs/importateurs, qui sont les seuls à empocher l’essentiel de la marge dans leur pays d’origine. Les multinationales qui sont conscientes des conséquences perverses que la corruption et la politique des prix non équitables ont sur les plus faibles, ferment les yeux pour huiler un système qu’il serait trop coûteux d’ arrêter. Entre les deux, il y a la corruption des autorités locales qui font des “pots-de-vin” leur activité principale.

C’EST AUSSI UNE VÉRITABLE URGENCE ENVIRONNEMENTALE

La deuxième conséquence – qui touche moins immédiatement ceux qui meurent de faim – est de nature environnementale. Des milliers de petits agriculteurs exploitent, avec une agression de subsistance croissante, les terres arables pour la culture du cacao. Pour faire cela ils sont contraints de défricher des portions entières de la forêt tropicale, qui ne retourneront jamais à leur état d’origine.

La spécificité des sols des forêts tropicales est, justement, la fragilité et la subtilité de leur substrat fertile (humus) qui, une fois exploité sans forêt, s’appauvrit rapidement et oblige à l’abandon des terres jusque là cultivées. C’est pourquoi dans de nombreux pays équatoriaux les forêts disparaissent, le sol s’appauvrit et se dessèche sous un soleil implacable, non plus protégé par l’impénétrable feuillage des grands arbres. A tout çà il faut aussi ajouter le réchauffement climatique qui s’alimente par conséquent.

A la fin, dans cette eschatologie du désastre, l’eu de la  la pluie n’est plus retenue par la foret et glisse littéralement sur la surface en emportant le peu que les hommes laissent derrière une fois les terrains abandonnés . Combien de fois nous arrivent-il de voir à la télé les épouvantables inondations et éboulements.

LE FLÉAU DES HERBICIDES.

Malheureusement on en finit pas là avec l’autopsie de ce développement perverti. Car le moyen par lequel les forets sont défrichées  est encore plus  ahurissant du point de vue humanitaire et environnemental. Des équipes de cueilleurs brûlent les arbres comme des torches. Ensuite, une fois les clairières ouvertes, ils peuvent planter planter du cacao. Ici commence une autre phase de la dévastation, l’empoisonnement des hommes et du sol avec  à l’aide de puissants herbicides, utilisés sans règles ni protection.

Le documentaire montre clairement des enfants avec des compresseurs sur le dos pour pulvériser du glyphosate – un herbicide très puissant qui est au centre de la controverse, même en Occident, pour ses effets potentiellement cancérigènes. Son utilisation a lieu – dans les pays pauvres – sans la moindre protection. Ils font cette opération à pieds nus et en short, comme s’ils s’agissaient d’eau. En fait, que peuvent-ils savoir du fait que ce cousin de l’agent orange (employé au Vietnam pour défricher les forets des Viet Cong), est utilisé en occident avec extrême précaution.

Voici l’un des visages les plus prédateurs de l’industrie qui tourne autour du cacao. Dans d’autres pays comme l’Équateur, par exemple, il existe de plus en plus de coopératives de commerce équitable qui produisent de manière durable et soucieuses de la sécurité et des droits des travailleurs, mais le chemin est encore long. Le dernier mot reviendrait aux grandes multinationales, qui devraient imposer un contrôle strict sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement – et je suis convaincu que certaines le font déjà – avant que les précieuses tablettes n’arrivent sur nos tables. N’oublions pas le coût du chocolat que nous mangeons, pour les humains et la terre.

Paolo Maggioni Conte

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